J’ai découvert que je suis un bisounours

L’an dernier j’ai découvert que je suis un bisounours, mais, ça sonnait plutôt comme une insulte.  J’ai découvert des côtés obscurs chez certains, même proches de moi parfois, que je n’imaginais pas.

Parfois je pense à ces enfants, qui ont dû fuir leur pays et qui se retrouvent dans le néant. Ici, certains, à l’enfance ordinaire et stable, se retrouvent avec des cicatrices à vie pour un simple mot de trop ou pour des maladresses dans leur enfance. Alors je me demande, quel avenir pour des enfants à qui l’on a volé leur vie et leur insouciance?

Ici on vit dans un confort qui est tel, que si on vient nous chatouiller d’un peu trop près, on préfère cracher sur ceux qui fuient l’enfer pour tenter de connaître des jours meilleurs que de leur apporter un peu de notre aide. Certains ne se donnent même pas la peine de nuancer les choses, si on touche à leurs petits conforts et s’il faut un peu penser aux autres. Dans mon monde à moi, il y a des nuances, tout n’est pas blanc ou noir, et je n’accepterais jamais le fait de condamner des innocents sous un mauvais prétexte qu’il pourrait il y en avoir un de mauvais dans le lot.

Parfois je pense à ces parents, qui ont tout quitté pour offrir un avenir meilleur à leurs enfants, pour finalement arriver dans le néant. La culpabilité, l’impuissance, la difficulté de trouver les mots justes pour rassurer… Quel triste quotidien!

Parfois, j’imagine, un malheur qui aurait abattu la France et qui m’obligerait à fuir le pays, laissant tous mes projets et rêves derrière moi, et ayant pour seul objectif la survie et l’espoir. J’aurais probablement dû fuir quand on m’aurait appelé « expat » plutôt que d’attendre de devenir « migrant » auprès de ma terre d’accueil. Je ne sais pas si j’aurais assez de force & de ressources en moi pour survivre à tout ça.

Quelle chance d’être née en France, avec toutes ces aides et imperfections, mais je regrette tant d’avoir à débattre avec certains pourris gâtés sur des sujets qui touchent à l’humanité. Ces égoïstes qui ne prendraient jamais du temps pour offrir de leur temps ou quelques pièces à nos SDF, mais qui les prennent volontiers en otage quand il faut justifier leur manque d’humanité. Ces mélanges, amalgames et inventions de chiffres pour ne surtout pas à avoir à s’ouvrir à l’autre et dans la peur de bousculer leur vie. Trouver la laïcité comme bonne excuse mais ne pas connaître le réel sens de ce mot.

Il est clair, qu’il y a des problèmes, injustices et profits, mais ne nous trompons pas de coupables. Je ne pourrais jamais trouver normal de laisser des personnes dans la misère ou l’horreur, voir même souhaiter leur mort, sous prétexte que ça me dérange dans mon petit confort. Mes projets et rêves n’ont pas plus de valeurs que ceux d’un autre, quelque soit d’où il vient, en quoi il croit et à quoi il ressemble.  C’est impressionnant comme la « possibilité » qu’on puisse toucher à sa petite vie peut faire ressortir tant de haine et d’inhumanité en certains. J’aurais envie de leur dire de sortir de leur confort, voyager (pas en hôtel de luxe hein!), s’ouvrir aux autres et sortir un peu des réseaux et de la haine ambiante.

Sachez que je préfère mille fois être un bisounours qu’un zombie sans cœur.

Cet article a 7 commentaires

  1. Ton article est très touchant… Du moins pour moi en tout cas.

    Je ne sais pas si je vais arriver à placer quelques mots. Je vais quand même essayer.

    Concernant ces réfugiés, (et je préfère le terme « réfugiés » que « migrants » car pour moi ils fuient et ne migrent pas) je suis sidéré de voir notre gouvernement incapable de faire ce qu’il faut pour eux. On entend souvent dans les médias qu’il n’y a pas assez de places dans les centres, qu’il faut les mettre ailleurs car ça gâche l’image de la région et ça fait fuir les touristes etc. Que des conneries !

    Les parents sacrifient tout ce qu’il peuvent pour offrir à leurs gamins une meilleure vie, loin de la guerre, de la dictature, de la barbarie pour au final finir dans une impasse. Je n’arrive pas à comprendre. On est mieux loti qu’eux et on arrive pas à leur donner de quoi s’en sortir. On a de la place ici. Un grand pays comme la France n’aurait pas de place pour les accueillir ?

    Au lieu de se prendre la tête à débattre sur un nouveau nom de région, il n’y aurait-il pas plus important à faire ? Oups ! Je commence à virer sur la politique, désolé.

    Comme tu as dit, on en a de la chance d’être né en France, mais malheureusement, il faut vivre avec ces pourris gatés, ces égoïstes, ces gens qui mélangent tout, ceux qui connaissent une seule couleur de peau…

    Je ne sais pas si mon commentaire est classé « hors sujet » mais au moins j’aurai essayé de placer quelques mots =)

    M.

    1. T’inquiète, tu sais très bien qu’on a les mêmes opinions, et puis comme toi je ne suis pas fan du mot « migrant » c’est pour ça que j’ai parlé de ce terme qui a une connotation négative de nos jours, à l’inverse d’un expat par exemple. Tu n’es pas hors sujet, tu es en plein dedans et tu donnes ton opinion. Merci à toi pour ce commentaire.

      1. Il n’y a pas de quoi =) et merci à toi !

        Il faudrait plus de personne squi pensent comme nous au gouvernement (vantons-nous un peu) qui pourra changer les choses. Ou de supers-héros pour changer tout cela =P

  2. je ne crois que c’est être un bisounours que d’avoir de l’empathie pour ses semblables… bien au contraire. Par contre, la haine qu’on voit grossir face une population qui ne fait que fuir, et pas dans l’idée de s’installer chez nous en plus, ils veulent juste fuir et mettre leurs enfants à l’abris des bombes, ça me dépasse complètement. J’ai envie de vomir l’Homme dans ces moments là…. sans parler de la lâcheté des gouvernements occidentaux dans ce conflit….bref. C’est moche.

    1. Oui c’est moche, c’est le bon mot…

  3. Coucou apparemment il semble de plus en plus difficile pr certains de se mettre à la place des autres, comme si leurs situations ne pouvaient pas changer. Je dis tjrs que je ne juge pas surtout qd je ne connais pas tous les dessous d une histoire, tout n est pas forcément simple. Pr beaucoup c est moi d abord les autres on s en fichent et surtout ne pas faire d effort

    1. C’est ça, c’est tellement triste et moche comme situation

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