J’ai découvert que je suis un bisounours
26 mars 2016
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L’an dernier j’ai découvert que je suis un bisounours, mais, ça sonnait plutôt comme une insulte.  J’ai découvert des côtés obscurs chez certains, même proches de moi parfois, que je n’imaginais pas.

Parfois je pense à ces enfants, qui ont dû fuir leur pays et qui se retrouvent dans le néant. Ici, certains, à l’enfance ordinaire et stable, se retrouvent avec des cicatrices à vie pour un simple mot de trop ou pour des maladresses dans leur enfance. Alors je me demande, quel avenir pour des enfants à qui l’on a volé leur vie et leur insouciance?

Ici on vit dans un confort qui est tel, que si on vient nous chatouiller d’un peu trop près, on préfère cracher sur ceux qui fuient l’enfer pour tenter de connaître des jours meilleurs que de leur apporter un peu de notre aide. Certains ne se donnent même pas la peine de nuancer les choses, si on touche à leurs petits conforts et s’il faut un peu penser aux autres. Dans mon monde à moi, il y a des nuances, tout n’est pas blanc ou noir, et je n’accepterais jamais le fait de condamner des innocents sous un mauvais prétexte qu’il pourrait il y en avoir un de mauvais dans le lot.

Parfois je pense à ces parents, qui ont tout quitté pour offrir un avenir meilleur à leurs enfants, pour finalement arriver dans le néant. La culpabilité, l’impuissance, la difficulté de trouver les mots justes pour rassurer… Quel triste quotidien!

Parfois, j’imagine, un malheur qui aurait abattu la France et qui m’obligerait à fuir le pays, laissant tous mes projets et rêves derrière moi, et ayant pour seul objectif la survie et l’espoir. J’aurais probablement dû fuir quand on m’aurait appelé « expat » plutôt que d’attendre de devenir « migrant » auprès de ma terre d’accueil. Je ne sais pas si j’aurais assez de force & de ressources en moi pour survivre à tout ça.

Quelle chance d’être née en France, avec toutes ces aides et imperfections, mais je regrette tant d’avoir à débattre avec certains pourris gâtés sur des sujets qui touchent à l’humanité. Ces égoïstes qui ne prendraient jamais du temps pour offrir de leur temps ou quelques pièces à nos SDF, mais qui les prennent volontiers en otage quand il faut justifier leur manque d’humanité. Ces mélanges, amalgames et inventions de chiffres pour ne surtout pas à avoir à s’ouvrir à l’autre et dans la peur de bousculer leur vie. Trouver la laïcité comme bonne excuse mais ne pas connaître le réel sens de ce mot.

Il est clair, qu’il y a des problèmes, injustices et profits, mais ne nous trompons pas de coupables. Je ne pourrais jamais trouver normal de laisser des personnes dans la misère ou l’horreur, voir même souhaiter leur mort, sous prétexte que ça me dérange dans mon petit confort. Mes projets et rêves n’ont pas plus de valeurs que ceux d’un autre, quelque soit d’où il vient, en quoi il croit et à quoi il ressemble.  C’est impressionnant comme la « possibilité » qu’on puisse toucher à sa petite vie peut faire ressortir tant de haine et d’inhumanité en certains. J’aurais envie de leur dire de sortir de leur confort, voyager (pas en hôtel de luxe hein!), s’ouvrir aux autres et sortir un peu des réseaux et de la haine ambiante.

Sachez que je préfère mille fois être un bisounours qu’un zombie sans cœur.